La biotech française Abivax vise une "guérison fonctionnelle" du VIH

Après avoir publié des résultats cliniques positifs, sur sa molécule anti-VIH, Abivax a vu son action exploser de 144%. La biotech française espère à terme réduire suffisamment la charge virale chez les personnes touchées par le VIH pour que celle-ci ne se développe plus.

Près d'un an après la désillusion de son vaccin candidat contre l'hépatite B, et l'effondrement de son cours en Bourse, Abivax effectue un retour en force. En Bourse, la biotech française explosait ce mardi avec un titre en hausse de 144,57% à 15h32 à 22,50 euros. La raison ? La biotech a publié des résultats positifs pour un traitement prometteur contre le VIH. Sa molécule, l'ABX464, couplée avec un médicament antirétroviral ordinaire, a permis de réduire de façon significative la charge virale de plusieurs patients.

Une avancée clé puisque la charge virale mesure l'ampleur de l'activité du VIH dans le sang. Plus celle-ci est importante, plus les défenses immunitaires s'affaiblissent. A un stade avancé, cela peut entraîner le syndrome d'immunodéficience acquise (sida) et les maladies qui vont avec (maladie de Kaposi, toxoplasmose cérébrale,...).

Peu de patients testés dans l'étude

Néanmoins, la prudence est de rigueur. Les résultats d'Abivax proviennent d'un essai clinique comprenant un faible nombre de patients. Au total, 29 patients participaient à cette première partie de la phase IIa, dont huit sous placebo. Quatre patients (deux sous placebo et deux sous ABX464) ont quitté l'étude en cours. Sur les 19 patients traités avec l'ABX464, il n'en restait que 14, car cinq d'entre eux n'ont pas été pris en compte en raison d'une charge virale très faible, c'est-à-dire de moins de 50 copies de virus par millilitre de sang. La moitié des 14 patients restant et traités avec le produit thérapeutique a atteint les objectifs fixés de réduction de la charge virale de 25%, et ont atteint une diminution moyenne de 40%. "On a diminué leur charge virale de 200 copies, c'est du jamais-vu, et cela ne peut pas être lié à autre chose qu'à cette intervention médicale. C'est la première fois qu'on voit une définition d'ADN viral par une intervention,", fait valoir Jean-Marc Steens, directeur médical de la biotech. "Concernant les autres patients traités avec l'ABX464, leur charge a globalement stagné", précise-t-il.

Les défis d'Abivax

Le prochain défi de la biotech sera de confirmer l'efficacité de sa molécule et de prouver qu'elle l'est sur le long terme. Dans cette première étude de phase II, les patients ont été traités avec l'ABX464 pendant 28 jours, puis, après l'arrêt du traitement, la charge virale des patients a été mesurée. "Le réservoir a bien diminué, mais pas de façon suffisante", précise le directeur médical de la biotech. Après 13 jours en moyenne, la charge virale remontait chez les patients ayant bénéficié de la molécule. Abivax espère qu'en augmentant la durée de traitement, sa molécule sera plus efficace. "Nous comptant passer de 28 jours à 56-84 jours de traitement pour la nouvelle étape de l'essai clinique de phase II", ajoute-t-il.  Parmi les autres défis à relever avant de peut-être pouvoir lancer un blockbuster (médicament qui génère plus d'un milliard de dollars de ventes), Abivax va devoir vérifier que la charge virale baisse dans tous le corps. "Nous devons voir si cela agit sur les réservoirs de charge virale dans les tissus des intestins, notamment. C'est l'objet d'une nouvelle étude en cours", explique Jean-Marc Steens.

La biotech française veut s'associer à un géant du domaine thérapeutique

La phase IIb démarrera au quatrième trimestre. Et Abivax espère obtenir les résultats finaux en 2019 pour cette phase déterminante. Si Abivax passe ce stade, il procédera à un essai de phase III (dernière étape clinique avant un potentiel lancement du produit sur le marché) devra confirmer l'efficacité du produit thérapeutique. Plusieurs centaines de patients devraient être alors enrôlés, ce qui induirait de fortes dépenses pour la biotech française.

"Pour la phase III et la vente du traitement, nous espérons sceller un partenariat avec un important laboratoire pharmaceutique", prévoit Hartmut Ehrlich, directeur général d'Abivax. Dans le viseur de la biotech française, les principaux acteurs du secteur : Gilead (le laboratoire américain a enregistré autour de 12 milliards de dollars de revenus rien que dans le VIH en 2016), Johnson & Johnson, ou encore Viiv healthcare (une coentreprise qui regroupe GSK, Pfizer et Shionogi). Pour convaincre ces sociétés, Abivax veut montrer que son ABX464 peut se combiner avec d'autres traitements, et pourquoi pas des molécules développées par ces trois géants pharmaceutiques. Une guérison totale n'est pas encore envisagée. La biotech préfère parler de "guérison fonctionnelle". En clair, objectif à terme de la société "de réduire suffisamment la charge virale pour que celle-ci ne progresse plus" explique Jean-Marc Steens. Avec un tel résultat, les patients pourraient "arrêter tous leurs traitements", assure-t-il.

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Caroline Carmagnol 

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